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À travers champs

vendredi 6 septembre 2019

La ville, lieu des métamorphoses. On y naît, on y grandit, on y change, avant d’y mourir : on y passe, tout comme les villes elles-mêmes, bâtiments détruits puis reconstruits, quartiers anciens et nouveaux. Tout est « passager ».

À travers champs, c’est une ville maquette, une ville cabane, trajectoires et métamorphoses, où l’on croise Dita Kepler, Maria-Rosa Néon, Amine Guirlande, Daniel Kage, Daour Kora, Dante Kanté, Alpha-Maria Spécula, Dora Karbonne (la célèbre voleuse de diamants), Doris Krimée, Alia Trouvé, Dimir Koupé, Param Alicante, Alpha-Ursae. Le début, à découvrir plus bas.

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Publication 11 novembre 2019

 

Ce texte a été écrit dans le cadre du projet Maquette urbaine interactive, en collaboration avec les laboratoires LISAA (Laboratoire Littératures, Savoirs et Arts) et LVMT (Laboratoire ville mobilité transport), et dans le cadre du projet Les villes passagères de L’aiR Nu.

Ce texte a été écrit dans le cadre du projet Maquette urbaine interactive, en collaboration avec les laboratoires LISAA (Laboratoire Littératures, Savoirs et Arts) et LVMT (Laboratoire ville mobilité transport), et dans le cadre du projet Les villes passagères de L’aiR Nu.
Nous tenons à remercier en particulier Virginie Tahar (LISAA) et Olivier Bonin (LVMT), ainsi que tous les membres de L’aiR Nu. Nous remercions également Tadashi Kawamata, auteur des Cabanes de Champs-sur-Marne (2017).
Ce projet, soutenu par l’I-SITE FUTURE, bénéficie d’une aide de l’État gérée par l’ANR au titre du Programmes des Investissements d’Avenir (référence ANR – 16 – IDEX – 0003) en complément des apports des établissements impliqués.

Quelque part dans le monde se construit une maquette à plusieurs dimensions. Physique, tactile, sonore, visuelle, interactive, par un système de couches de plus en plus précis, sophistiqué et dense à mesure qu’on s’en occupe, que quelqu’un y travaille, elle tente de représenter le fragment d’une ville qui n’existe pas. Par fragment, il faudrait comprendre quartier, cité tout en rebattant les cartes. Dire quelqu’un, c’est imaginer une équipe. Quant à représenter, c’est là encore trop peu : il s’agit pour tous de nourrir, d’animer, d’étendre comme de cerner cet espace de la maquette.
Faite de Lego, d’écran géant susceptible d’être transporté sur roulettes ou en triporteur, de sites (pensez web mais également piano bar et en général tout lieu qui voudra l’accueillir), la maquette compte des sons, des chants, des bruits de neige, des éclats, des paroles de voyageurs. Elle joue avec la forme des bâtiments, qu’elle pousse à caresser, qu’elle dessine à l’oreille. Même à les respecter elle distord le Nord comme le Sud, regarde loin, collectionne les papiers par terre. Elle possède sa propre iconographie. C’est ainsi qu’elle trace des voies.
Elle perd le lecteur.
Elle lui dit vas-y toi aussi joue.
Quant à la ville, chacun dans le monde la connaît : il s’agit de Marne-la-Vallée. Dites Marne-la-Vallée et voici qu’apparaissent des oreilles de souris qui guident les touristes dans le RER A. Tapez Marne-la-Vallée : vous verrez sur la carte vingt-six communes, quatre secteurs, jamais une ville. Marne-la-Vallée sans la maquette c’est un pan de cité disparu. C’est une porte et trois vaux – il faut imaginer les monts, les hauts plateaux, la plus longue rivière de France. C’est, bien sûr, pour tout un chacun, une ville factice, colorée, sucrée, où faire la queue aux manèges. Est-ce une ville, l’enclos qui la résume, réduit l’ensemble des éléments ? La maquette ne se prononce pas. Elle s’intéresse à un autre pan, à d’autres fragments du décor que nous appellerons champs.
Plus confidentiels que les espaces officiels, tarifés du jeu planétaire, comprenant du ciel, un terrain de basket, l’Axe de la Terre, les champs sont des villes qui comptent leur part de cabanes. Mais attention : de vraies cabanes, fabriquées à plusieurs à partir de rien, faites de gestes, de clous, de planches fragiles. Invisibles sur la maquette, pourtant présentes, les cabanes soutiennent les points qui forment la carte.

VOUS ÊTES ICI signifie : vous êtes désormais dans toute cabane du champ.

Avant de vous y rendre, pour mieux s’y repérer, sachez encore que :
Parmi les vingt-six communes de Marne-la-Vallée se trouve une ville nommée Champs-sur-Marne et, dans ce Champs-là, un campus universitaire, représenté sur la maquette.
Sur le campus sont installées dix-neuf ou vingt-cinq cabanes, les informations diffèrent à ce sujet, œuvre du plasticien japonais Tadashi Kawamata. Elles existent, ne sont pas qu’une vue de l’esprit.
Chaque cabane du campus de Champs, en haut d’un pylône ou sur la dalle-vague, est un lieu de métamorphoses.
Chaque cabane excède le champ, peut être transportée ailleurs. Habitants, étudiants, travailleurs, passants et rêveurs, dans chaque cabane quelqu’un peut entrer et se transformer – « quelqu’un », vous le savez, c’est potentiellement une équipe. Parmi eux se glisse un personnage nommé Dita Kepler. C’est moins un personnage qu’un avatar, venu du virtuel, lui-même susceptible de métamorphoses. Imaginez une icône de jeu vidéo, modifiable à chaque connexion. Dita Kepler, c’est un mot de passe, une formule magique. Elle porte le nom d’une femme mais c’est une image, une figure capable d’émotions. Installer un être à identité problématique, fictif, réel, virtuel par couches successives pour représenter le champ d’une ville qui n’existe pas, en fédérer les énergies, pardon d’insister mais nous voyons là le strict minimum.
Il n’est pas certain que les habitants, étudiants, travailleurs, passants et rêveurs reconnaissent Dita Kepler, ni même la voient. C’est à peine si elle se présente. Peu importe. Ce sont eux qui comptent.
D’ailleurs à ce propos, voyez qui arrive.

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