Cormellain

il s’agit d’un film indiqué quelque part sur le rézosocio puis ailleurs : on m’en a dit : « mignon » et : « sympathique » mais je crois qu’il est plus que ça – je renoue un peu avec les découpages plan à plan des études à l’institut d’art et archéo – je ne dévoile pas tout (il faudrait le voir – il passe encore – ici le lien) – une narration particulière – une histoire sentimentale probablement, mais profonde, joyeuse, gaie, un peu cruelle – en vrai : du cinéma (et du bon) – on en verra le générique ailleurs (je le poste mercredi – mercredi, c’est cinéma aussi) : il y a une espèce de « rubrique » idoine dans la maison[s]témoin

ici il s’agit d’une petite ville de province – en région – en Normandie plus ou moins – anonymisée – un type (Julien Beguin, comme il se doit – puisqu’il l’a eu) (pour elle, Caroline) revient pour quelques heures dans la maison familiale (il vit à Paris, avec une Anna, enceinte – on ne la verra pas) (il a écrit un livre qui a eu du succès) – le film (c’est un court métrage, 25 minutes, musical) commence par les pas de cette jeune femme au bonnet rouge

elle va chanter en marchant « partir un jour » (doucement, une chanson interprétée dans les années 90 par les deux sont trois – boys band on disait alors – « 2be3 », tu te souviens ? ) laquelle chanson donne son titre au film – mais pas que – elle se dirige vers un arrêt de bus, ici patiente ce jeune homme au bonnet marron, qui se roule un clopo

il chante aussi, la même chanson – tandis que celles-ci aussi qui patientent tout en chantant

et attendent le bus qui arrive – fin de la chanson – entrée en image du héros Julien qui discute au téléphone avec Anna sur le prénom (Lucius, non, certainement pas mais Andéol ? non plus sans doute…) du fils à venir, voici sa mère qui vient avec son père le chercher dans le camion de la boucherie

(le père et la mère partent à la retraite : ils déménagent)

le père (François Rollin – Gérard – extra) est d’une « humeur de chien »

il cite des passages du livre de son fils où on parle de bouse, des « hommages » dit le père (inscrits dans un carnet) – cut : dans un supermarché

la mère, Martine (Lorella Cravotta, parfaite) achète des exemplaires du livre de son fils (on en voit ici six, elle les achète tous : pour les offrir à ses copines de chorale) : on aperçoit le titre, presque « Partir un Jour » on aperçoit la photo (le Julien qui ne sourit pas, mal coiffé…)

– lui Julien voit au loin une jeune femme (en réassort dans les rayons, loin : une caissière mais il la reconnait, c’est Caroline) – puis la roue tourne

tourne encore

il la cherche sans le savoir : la voilà

c’est sa pause (la pomme, l’eau, la caisse…) : tu prends un café ? il ne peut pas, non, il est avec ses parents – il est encore leur enfant – elle, elle en attend un, mais et ce soir on boit un verre ? ah non, enfin non… Tant pis, elle s’en va, mais lui laisse son zéro six (il le lui demande, si jamais…)

(on le lit bien hein ?) formidablement, elle a pris les livres, les bananes, les biscuits et les lui a fourrés dans les bras, puis s’est emparée du caddy – il s’en va, se retourne

sort du cadre – contrechamp, à contre temps elle se retourne

elle s’en va – cut : il est dans sa chambre, passe trouvé dans un carton un survêtement bleu estampillé « Cherbourg Natation », lui chante une chanson de Francis Cabrel (l’encre de tes yeux)- puis lui écrit un texto : finalement, il peut ce soir

– elle viendra le chercher, mais avant il discute avec ses parents, à table, devant la télé

on parle (il lui refait le coup du carnet…)

puis on entend au loin, vaguement, Julien s’en va – bonne soirée en amoureux les parents dit-il – elle l’emmène

travelling magnifique – ils entrent clandestinement dans une piscine comme au temps du collège « ça marche encore ce truc-là? » mais oui – ils nagent et parlent

mais qui est le père de cet enfant ? un jeune homme, Yohann

non, pas Yohann, quand même…

mais si, fallait pas partir… Comment ça, fallait pas … ?

ben non, fallait pas – ça aurait aussi bien pu être toi, le père… mais pourquoi tu l’as pas dit ?

on ne savait pas, on n’a rien dit, et elle « tu aurais pu m’écrire quand même… » mais mon livre, dit-il, trois cents pages que j’ai écrites pour toi… » mais non… elle ne l’a pas lu…

« interdiction de plonger » – les deux ex-amoureux aux pieds des palmiers du paradis – mais non, non… Ils se rhabillent, et les voilà qui chantent ensemble, « Bye bye » un rap de Ménélik aux rimes directement sorties du dictionnaire

ils s’amusent

dansent chantent « tu es le seul qui m’aille/jte le dirai sans faille »… (le rap)

« Tu es la seule qui m’aille, je te le dis sans faille
Reste cool bébé sinon j’te dirai bye bye »

le téléphone sonne, il le regarde, elle le regarde : une image sous le prénom d’Anna

enceinte elle aussi – Caroline voit cette image, il allait lui en parler – lui aussi devient père – c’est trop tard – cut : le lendemain matin

il va s’en aller – sa mère boit du café dans la maison vide – son père est parti tôt avec le premier camion du déménagement – il embrasse sa mère, il s’en va – travelling sur les champs

en off : il appelle son père – ça ne répond pas –

mais il lui dit la première phrase de son nouveau livre « ce sera sur la page un du coup… jt’embrasse » – partir quand même

un peu de tristesse sans doute

et puis

quoi ? une mobylette…

celle de Caroline… « Youhou !!! » crie-t-elle – le bus est passé, Julien sourit – sur elle de dos qui sourit (on le sait qu’elle sourit) (parce que c’est tellement drôle quand même…), puis de face

un peu triste, elle entonne une chanson créée par Larusso « Tu m’oublieras » – un couplet, il en reprend un autre – puis sur elle à nouveau

qui met son casque, reprend sa mobylette (le soleil sur le guidon…) et continue de chanter, puis, en off sur un travelling sublime

vraiment (et forcément) sublime : ce petit sourire

générique de fin.

Partir un jour, un film d’Amélie Bonnin