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(91)(dix-huit novembre) on pourrait dire rien...

mercredi 18 novembre 2020 - Ce qui nous empêche

(91)(dix-huit novembre)
on pourrait dire rien – seulement le travail, qui bouche l’horizon, qui procure des stress inutiles – ou les fantasmes (avec ph, je préfère, quelque chose de mes initiales sans doute et la chanson de Gainsbourg) celui de la ruine, cette histoire de rêves sans fond, ces affaires d’écritures et de suite dans les idées, il n’y a rien à faire, on ne parlera de rien, on ira se promener, se dérouiller les jambes, couper du bois et ranger le garage, faire des courses – ne pas oublier de rire, surtout – c’est l’heure vers laquelle on se mettait en route,le mercredi, direction Reuilly-Diderot, le métro avec un livre (il y avait sur le coin de la rue avant d’arriver au métro ce magasin de vêtements de marque dégriffés chemise Cardin ou pull over je ne sais plus) le métro sortait à Bastille ce qu’il fait toujours – mais on n’y voyait pas le port du canal, ni la passerelle, ni l’immeuble moderne où vivait Rivette – un livre sur un cinéaste sans doute, ou un roman comme « Cent ans de solitude » qu’on lisait aussi en train – les débuts de la lecture du diplo conseillé par un des enquêteurs, lequel était en couple avec une mignonne – une espèce de différence entre lui et elle – il y avait pas mal de couples dans ces enquêtes train – mais elles étaient un peu erratiques à ce moment-là, il y avait le standard téléphonique des trains aussi, puis il y avait aussi le cinéma – on allait chercher des feuilles roses et des exo, tous les mercredis, vers dix heures trente – trente trois Champs-Élysées

balzaczérozérozéroun – jean mineur publicité – médiavision – la femme qui bossait là avait une sorte de prestance grande brune cheveux courts tailleur presque années cinquante - plus tard, lorsque je rencontrerai Simone Mussard (la libraire de la première librairie fnac de la rue de Rennes) je ressentirai la même attirance pour ou la même réminiscence des femmes de ma toute première enfance, sans doute un peu de ma mère (et cette image d’elle et de ses copines - quelque part sur le blog) – elle avait le sourire souvent – elle en a foutu dehors certains qui ne faisaient pas le boulot – la feuille rose, les exos, le choix des films (ou plutôt des salles), le contrôle du passage des publicités, en noter la teneur sur la feuille rose, lumière allumée, puis dans le noir le film – parfois on sortait immédiatement après les publicités (il n’est pas rare que le cinéma présente de grosses daubes, soyons justes – et si on arrivait un peu tard au troisième étage qui donnait sur l’avenue, on n’avait plus grand choix) – la séance de quatorze heures, ou celle qu’on voulait il me semble me souvenir mais pas avant – des salles où on ne mettait pas les pieds comme le Marignan ou les UGC – plutôt vers le quartier latin, mais les Champs ou Saint-Lazare aussi bien – je me souviens de la première année de la carte dite orange (soixante seize peut-être bien : cette délivrance… on ne payait guère le métro avant, mais on avait à courir si les contrôleurs venaient à se pointer – quelquefois l’amende – mercredi, la feuille rose, quatre exos pour un film – ça va revenir, dis-moi