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Fuscien Ro et les autres

jeudi 19 novembre 2020 - Ce qui nous empêche

(92) dix neuf novembre
il y avait quatorze messages sms à lire – je me souviens tout à coup du rendez-vous, en effet, j’ai complètement oublié ou j’ai fait exprès, en tout cas avec qui, je ne sais plus peut-être bien une Sylvie – une femme certainement – un rendez-vous d’amour probablement –

il y avait là-bas au coin de la rue Saint-Fuscien (tu connais un Fuscien, toi ?) (moi non plus) un golf miniature qui a été remplacé par une clinique – cette rue bordait après le boulevard la résidence fleurie (ça existe, je t’assure – on devrait y mettre des majuscules) d’un côté et de l’autre (la perpendiculaire) (Alexandre Dumas, maintenant que je suis allé y pêcher cette image merdique) de l’autre côté donc une autre cité, scolaire celle-là, où vivait monsieur M. et sa famille (alors pourquoi, je ne sais, sans doute logement de fonction de sa femme (je pose son nom, non, je vais l’ôter – voilà) – un jour en vélo sur cette rue je double un camion presque à l’arrêt sans doute n’ai-je pas calculé qu’il avait son clignotant, ou le chauffeur a-t-il oublié qui ne m’a pas vu, qui me coupe la route je manque de tomber (parfois je lis : « je manque tomber » en ayant ôté le « de » et mon grévisse me manque) (je l’avais piqué dans la bibliothèque à Y. je crois bien) (il ne servait à rien là-bas, il était mieux sur mon bureau – je crois que son prénom était Maurice) (il appartenait sans doute à un sale type qui se prénommait comme moi mais qu’on appelait Ro – il fallait, aux enfants, deux filles, dissimuler la présence et l’existence même de l’amant) – saleté de réminiscences – la seconde épouse du grand-ère portait le même prénom que ma mère et il s’est avéré dans la suite de l’histoire qu’il s’agissait d’une garce splendide et pourrie jusqu’au la plus profonde extrémité de l’âme – il est des choses qu’on ne peut pardonner quand même, dans leur horreur, elle parviendraient à une manière de sublime – à ce point on n’ose pas y croire, et pourtant, oui – tu crois qu’il y a quelqu’un qui l’aime ? Ce n’est pas impossible – et sinon ses chiens sont morts, j’espère, malheureuses bêtes…
c’est de cette problématique (peut-on aimer un être immonde, comme disons en passant cette pourriture d’ordure morte noyé en 79 sur une plage du côté de Sao Paulo – j’attends toujours ce satané livre de poche (point seuil dlamerde) je fatigue à peine, je continue je m’encourage (je termine mes mails par un « bon courage » que j’adresse d’abord à moi-même je suppose) – cette problématique que je cherchais à développer dans cet atelier d’été (une espèce de mouvement très agréable à suivre – être un peu plus nombreux que tout seul – probablement ce que je recherche avec des initiatives du type CLAN que je fais vivre aussi) – une image dans la maison[s]témoin des fauteuils que m’avait offerts ma tante – « il faudrait que tu mettes ton bureau au milieu de la pièce, ici tu vois, tu tournes le dos aux fenêtres, de trois quarts comme ça, les deux fauteuils devant, ce sera très bien » (elle avait cousu les rideaux de tulle) (sa chambre donnait sur la Seine et au loin, on voyait les Tuileries et le Louvre) – ah les gens me manquent