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quatre-vingt-trois

jeudi 5 novembre 2020 - Ce qui nous empêche

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faudrait pas que je tombe malade – mais ça viendra quand même : c’est l’hiver, et l’hiver je tombe malade (je ne tombe pas, en réalité mais je me traîne) – il y a des difficultés à tenir, des deux côtés, une espèce de carnet de voyage – je ne voyage guère cependant – je lis les propos alarmistes et dramatisants (de malades, il est vrai, ou qui en ont réchappé : on doit avoir une idée du pourcentage des malades qui n’en sont pas décédés : garder son calme et poser ses fantasmes - nous avons à mourir, de quelque chose, nous avons cette échéance à notre agenda (j’aime le mot agenda : un de mes commanditaires (hautes études commerciales courbure nécessaire et obligatoire de l’âme) qui aimait le tango et le riz disait agène-da comme là-bas sans doute) (la façon dont on l’emploie fait gerber cependant) (je ferme le poste assez fréquemment les frétillements des journaleux me révulsent) (ils (et elles, soyons justes) sont tellement heureux de nous raconter cette histoire à suspens (ils se la racontent tellement tu comprends) (et pourtant cette façon de parler de la parenthèse précédente, cette vulgarité : elle leur appartient, oui)) – j’ai appris hier ou avant hier (les jours passent, les nuits s’échinent en rêves horribles ou doux et paisibles – puis le matin, tout est apaisé : je remets l’image du week-end) j’ai appris l’adresse de Maryse (merci Anne) j’irai dans des temps autres – je refuse de croire que les choses peuvent aller mieux, ou empirer ou changer (ce ne sont que des choses) : nous en sommes à notre condition, voilà tout – alors je marche et j’avance en campagne ou en ville – mon ami a ouvert un cabinet de psychanalyse – mon frère fait sa gym – BC s’en va se reposer à Grignan – comment se passe la vie des proches ? Et celle des moins proches ? Ce qu’on nous retire de ces entrevues, de ces mots échangés qui font exister quelque chose de nos idées et de nos sentiments : on en perd, on les donne à n’importe qui – retrouvé (c’est sans relation sauf que il ya quelque chose de cette époque, il y a quelque chose de la photographie et du photographe, il y a quelque chose de la franco-étazunienne attitude - tu vois quoi) (c’est juste un journal, de réclusion, peut-être,mais journal quand même)
illuminer ? décrire ? continuer - il y a cette image aussi (magnifique) (illustration du commentaire #799 poème express de l’ami Lucien Suel
si parfois le sol se défausse sous les pas, le froid glace, les pleurs masquent le ciel, ce n’est que temporaire — lire écouter de la musique écrire voire même selaisser aller à rire